20/04/2008

Constant

Constant Vandenstock nous a quitté, et on va probablement rendre hommage à celui qui a amené un petit club bruxellois à rivaliser avec les grandes formations européennes. Mais si le foot était sa passion, la bière était son métier. Métier qu’il hérite de son père, Philémon qui en 1913 commence une activité de steeker. En d’autres mots, il achetait du lambic à des brasseurs, puis l’assemblait pour en faire du faro ou de la gueuze. En 1927, il rachète le café Belle-Vue à Anderlecht, avec l’objectif d’avoir un lieu de débit pour ses bières (il ne livrait alors que des particuliers et quelques cafés).

En 1943, Philémon franchit une nouvelle étape, il rachète la brasserie-malterie Frans Vos-Kina, à la rue des Quatre-Vents à Molenbeek.

D’assembleur, il devient brasseur et s’associe avec son fils, Constant, et son beau-fils Oscar Collin. Mais Philémon est arrêté en 1944 puis déporté. Il ne reviendra pas. Constant doit prendre les choses en main. Il sait que servir une gueuze dans les règles de l’art demande du temps, et perçoit que les goûts des consommateurs sont en train de changer. Il va donc adoucir sa gueuze, puis l’édulcorer. Pour éviter que les bouteilles n’explosent, il pasteurise sa bière, puis la filtre et la conditionne en bouteilles de 25 cl capsulées. Il en termine avec le rituel du service, le parton de bistrot peut à présent décapsuler la bouteille et la servir d’un trait sans se soucier du dépôt. Terminé aussi d’entreposer les bouteilles à la cave, elles se contentent du casier. Gain de temps et facilité de transport, la gueuze va quitter Bruxelles et le Payottenland pour conquérir le reste de la Belgique, puis la France et les Pays-Bas. Nous sommes en 1950.

En 52, Constant rachète la brasserie De Coster à Grand-Bigard et en 55 la Brasserie Timmermans à Sint-Pieters-Leeuw, c’est le début d’une expansion qui va durer près de 30 ans. En 69 Belle-Vue reprend les Brasseries-Unies, nées de la fusion des brasseries De Boeck et Goossens et qui avaient repris les dernières brasseries bruxelloises (La Couronne, De Coster-Heymans, Van den Kerckhoven et Toussaint) et une molenbeekoise L & E De Coster. Belle-Vue va s’installer dans les bâtiments de cette dernière, quai du Hainaut.

L’année suivante, Belle-Vue reprend Brabrux (pour BRAsseries BRUXellosies), qui ont également plusieurs composantes ; De Keersmaeker, Van Haelen, Bécasse, Vander Perre…

En 73, Belle-Vue renoue avec la gueuze traditionnelle, abandonnée après la seconde guerre mondiale, en reprenant la brasserie De Neve et construit sa nouvelle brasserie à Zuen. Le paquebot le long du canal ne servira bientôt plus que de lieu d’entreposage.

En échange d’un accord de coopération pour l’exportation, la brasserie louvaniste Artois obtient 43% des parts de la société, mais Constant reste le grand patron jusqu’à ses 77 ans, lorsque Interbrew devient l’actionnaire majoritaire. Sa vie de brasseur s’arrête ici, le reste sera dans les journaux.

 

20:49 Écrit par gode dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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